On entend très souvent parler de transition écologique, mais ne faudrait-il pas déjà se mettre d’accord sur la définition de cette expression ?
Oxfam France la définit ainsi :
La transition écologique est une évolution vers un nouveau modèle économique et social qui apporte une solution globale et pérenne aux grands enjeux environnementaux de notre siècle et aux menaces qui pèsent sur notre planète. Opérant à tous les niveaux, la transition écologique vise à mettre en place un modèle de développement résilient et durable qui repense nos façons de consommer, de produire, de travailler et de vivre ensemble. La transition écologique recouvre plusieurs secteurs.
On le voit bien, la transition écologique est profondément liée à un changement complet de modèle de société : nous devons vivre des transformations à tous les niveaux pour répondre aux enjeux environnementaux. C’est ce qui peut faire peur… et être sacrément stimulant aussi ! L’objectif n’est rien de moins que la protection de l’ensemble de la biosphère terrestre : la faune, la flore, et l’humanité toute entière. Les conséquences de la crise climatique sont en effet d’ores et déjà catastrophiques : inondations fréquentes, réchauffement de la température mondiale, sécheresses et incendies, baisse de la production agricole, montée des eaux, destruction des écosystèmes, baisse des rendements agricoles, et la liste est encore très longue… Il est donc urgent d’agir à toutes les échelles pour limiter les conséquences de cette crise écologique, et la première des étapes pour agir est de se former aux enjeux de la crise climatique, pour bien comprendre de quoi il en retourne, et quels sont les leviers d’action.
Ce qu’il faut comprendre avant tout, c’est que la transition écologique ne concerne pas des activités ou des comportements indépendants les uns des autres. Toutes les causes de la crise climatique ont des conséquences multiples et très nombreuses, dans de très divers domaine. Il faut essayer de concevoir tout ça comme un système d’éléments interdépendants. C’est aussi ce qui explique qu’on a parfois du mal à anticiper les conséquences de la crise : nous vivons une sorte d’emballement, où les différents dérèglements ont des conséquences imprévues, qui affectent plus largement les équilibres naturels. Pour bien comprendre cette idée, prenons un exemple avec la hausse des températures. Cette hausse des températures
Les enjeux, nous l’avons dit, sont nombreux, car la crise écologique touche la planète entière, dans tous ses aspects. Nous pouvons en citer quelques-uns :
Une des références les plus fiables en matière scientifique, dans le domaine de la crise écologique, est le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), créé en 1988. Le GIEC a pour mission de fournir un état des lieux des connaissances en matière de dérèglement climatique, en produisant des rapports réguliers se basant sur de très nombreuses études scientifiques.
Dans dans son sixième rapport, le GIEC estime que le seuil d’augmentation de la température de 1,5°C depuis l’ère préindustrielle , seuil qui correspond aux accords de Paris signés en 2015, pourrait être atteint dès 2035 ; autant dire demain. Et les politiques actuellement en vigueur nous emmènent sur une pente beaucoup plus dangereuse : nous pourrions vivre un réchauffement des températures de 5°C d’ici 2100. A titre de comparaison, la température planétaire globale ne s’est réchauffée que de 4 à 5°C depuis la dernière ère glaciaire, il y a 10 000 à 20 000 ans, durant laquelle l’essentiel de l’Europe était composé de toundras glacées.

Source : The Shift Project, Climat : Synthèse vulgarisée du 6ème rapport du GIEC : https://theshiftproject.org/article/climat-synthese-vulgarisee-6eme-rapport-giec/
Pour répondre à ces enjeux, et faire de notre mieux pour lutter contre la crise climatique, plusieurs leviers peuvent néanmoins être actionnés. Il ne tient qu’à nous de nous en saisir, pour faire avancer les choses dans le bon sens. Divers leviers d’action peuvent être actionnés, et nous vous proposerons, dans ce guide, des outils et des acteur.ices qui peuvent vous aider à agir en ce sens.
Ces leviers sont divers : choix de partenaires éthiques pour sa structure, réduction de la consommation de biens et de services au maximum, réutilisation, recyclage ou upcycling des biens inutiles, choix de mobilités douces, organisation d’évènements directement sur le territoire, avec des acteur.ice.s économiques locaux.ales, etc… Aujourd’hui, chacun de ces leviers s’accompagnent en réalité de multiples dispositifs ou structures dédiées à l’accompagnement de celles et ceux qui veulent s’en saisir. Il n’est donc pas difficile de faire, pas à pas, sa propre transition vers un modèle plus soutenable.
Enfin, il est important de préciser que si ces leviers peuvent être activés à titre individuel, l’objectif n’est pas seulement de réduire sa propre empreinte écologique : plus largement, il faut lancer un mouvement plus large vers une transition écologique de la société en général. Moins et mieux consommer ne vous permet pas seulement de réduire votre propre empreinte : cela montre à vos pairs que c’est possible sans trop de difficultés, et aux entreprises qu’elles ont, elles aussi, intérêt à aller vers des modes de production plus responsables si elles veulent continuer à vendre leurs biens ou leurs services à des citoyens exigeants sur les critères écologiques. C’est véritablement la création progressive d’un nouveau monde dont nous parlons ici.
Le dernier point que nous voulions aborder dans cette courte présentation de la transition écologique et de ses enjeux est la priorisation des différents éléments que vous devez concilier dans la gestion de votre structure. Si la notion de développement durable, dans son sens premier de conciliation des impératifs écologiques, sociaux et économiques est de moins en moins courante, c’est pour une bonne raison : il n’est pas possible de favoriser une croissance économique, tout en tendant à la justice sociale, et en garantissant une protection effective de l’environnement.
Dès lors, il faut faire des choix quant à ses priorités : préférez-vous économiser un peu au détriment de votre empreinte carbone ? Préférez-vous organiser localement votre évènement, en ne choissisant donc peut-être pas l’hébergement le moins coûteux ? Ce sont ces choix qui vous permettront de réduire concrètement votre impact écologique et votre empreinte carbone. En choisissant de préserver l’environnement, quitte à faire des concessions sur certains aspects de vos évènements et de vos actions, vous agirez positivement pour l’environnement.